Revue de presse hebdomadaire / Semaine du 28 mai au 4 juin
L'Iran vu de la France : des données convoitées et médiatisées
04 June, 2016
Au menu de la revue de presse de cette semaine du 28 mai au 4 juin : le pays veut récupérer les données de ses internautes, élection du président du Parlement, le pèlerinage à la Mecque, un tatouage fait polémique...
Samuel Hauraix | Photo: Badbadak

Au cœur de cette semaine riche en informations iraniennes relayées en France, aucun sujet n'est sorti du lot. En revanche, une branche des médias français, pour la première fois mentionnée dans cette revue de presse, s'est illustrée : la presse informatique et nouvelles technologies. Ou plus simplement, « geek ».  

Ce sont d'abord les « généralistes » qui ont fait le travail. BFMTV  est l'un des premiers à diffuser la dépêche AFP :

« Les réseaux sociaux étrangers actifs en Iran devront transférer toutes leurs données concernant les citoyens iraniens d'ici un an, ont décidé les autorités du pays. » Cette mesure pourrait « notamment affecter l'application Telegram, utilisée par une vingtaine de millions d'Iraniens, soit le quart de la population », poursuit Challenges à l'aide de Reuters.

Le Figaro va encore plus loin en titrant : « L'Iran menace de bloquer toutes les applications de messagerie ». La titraille monte encore d'un cran avec Numerama qui dit que l'Iran « menace de censurer toutes les messageries étrangères ». L'auteur n'y va pas de main morte dès l'entame de papier : « Les signaux d'ouverture qu'avait tenté d'envoyer le président Hassan Rohani sont décidément de l'histoire ancienne. » L'Informaticien parle lui d'un « nouveau tour de vis des autorités iraniennes à l'encontre des internautes ». « Gageons que cette récente demande de l’Iran formulée par le Conseil Suprême du Cyberespace, créé en 2012 par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, va faire couler beaucoup d’encre », poursuit Le Journal du Gee.

Nouveau Parlement, même président

On connait le nom du nouveau président du Parlement iranien : Ali Larijani, qui était déjà en poste au mandat précédent. Le Monde, qui cite l'AFP, parle de la réélection d'un « conservateur modéré ». Quelques jours plus tard, les résultats définitifs du scrutin font dire au Monde, sur son blog cette fois, qu' « aucun parlementaire iranien n’a eu de doute sur l’élection d’Ali Larijani [...]. Les députés ont été 237 sur 276 présents à voter mardi pour ce conservateur modéré. » Quelques jours après l'élection d'Ahmad Jannati à la tête de l'Assemblée des experts, RFI y voit là « une nouvelle victoire pour les conservateurs ». Mais estime que la « cohabitation devrait être sans heurts ». Cette élection ferme le cycle médiatique des élections législatives (Parlement, et Assemblée des experts) avant 2017 et la présidentielle.

Le non-pèlerinage à la Mecque : le retour

Le sujet est étonnamment revenu sur le devant de la scène dans la presse française : les Iraniens privés de pèlerinage à La Mecque. Une nouvelle déjà largement relayée... au début du mois de mai. Ce qui n'empêche pas Le Parisien, RFI ou Le Monde de (re)titrer dessus. « Pourquoi l’Iran boycotte le pèlerinage à La Mecque ? », questionne de son côté Le Courrier international. Et l'hebdomadaire de revenir sur le regain de tension entre Iran et Arabie saoudite qui a abouti à l'annulation du pèlerinage pour les Iraniens.

Un tatouage fait polémique

«  Le tatouage féministe d'une actrice enflamme l'Iran », titre Le Figaro. L'actrice en question est Taraneh Alidousti, qui a joué dans le dernier Farhadi (Le Client), primé à Cannes. La controverse ? La publication de photos montrant un tatouage féministe sur son avant-bras. « Le tatouage, un élément d'occidentalisation contraire au régime », intertitre Le Huffington Post . L'information a fait écho dans la presse féminine. Chez Gala par exemple, qui dit qu' « il a suffi d’un seul cliché pour que la célèbre actrice iranienne Taraneh Alidoosti choque tout un pays ». « Les conservateurs en Iran auraient donc été choqués par le tatouage ET pas sa signification féministe », ajoute de son côté Marie-Claire.

À lire, voir, écouter également

Samedi 28 juin, à l’issue de la diffusion du documentaire « Permis de rien », Public Sénat organisait un temps d'échange, sans surprises, sur le thème : « Iran : une conduite sous surveillance ». Étaient invités en plateau la sociologue Azadeh Kian, le journaliste du Point Armin Arefi, et le sénateur Les Républicains Alain Gournac.

Le site Atlantico s'intéresse à la toxicomanie iranienne, et titre :

« Breaking Bad à Téhéran : en Iran, les jeunes femmes diplômées sont de plus en plus accros aux drogues dures ». L'auteur termine en constatant que « paradoxalement, derrière sa façade de piété, l’Iran est l’un des pays du monde les plus touchés par la drogue ».

France 24 est revenu, brièvement, sur les tensions Iran/Arabie saoudite et l'impact sur la production de pétrole. Selon le chroniqueur, il y a nécessité de « reconstruire un dialogue ».

Nader Takmil Homayoun, réalisateur de « Les pieds dans le tapis » est mis à l'honneur sur France 24 encore. Dans sa longue interview, il est question de son téléfilm, ainsi que du festival du cinéma iranien (Paris) qu'il préside jusqu'au 7 juin.

Sur son blog spécialisé, Le Monde, en reprenant une histoire de l'Iran Wire, consacre un article à la catcheuse Maliheh Mardi, alias « la lionesse de l'Iran ».

Un autre mot de sport avec la qualification de l'équipe iranienne de volley-ball aux JO de Rio. Information passée quasiment inaperçue chez les médias français. Pourtant, comme le dit brièvement Le Figaro, c'est bien la première fois que les Iraniens accèdent à cette compétition. Plus tôt dans la semaine, Le Monde avait consacré un papier à ce « phénomène iranien ».

Samuel Hauraix (@shauraix)

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