Développement du trafic aéroportuaire et ferroviaire en Iran
L'aéroport Imam Khomeini, bientôt un hub régional ?
05 July, 2016
Abbas Akhoundi, le ministre iranien des Transports, s’est de nouveau rendu devant le parlement pour présenter le rapport d’activité de son ministère, avec un focus sur la question du transport aérien.

Bien que le gouvernement ne soit en poste que depuis trois ans, l’intervention du ministre a montré qu’il avait déjà répondu à tous les défis posés à son ministère. Akhoundi s’est permis de mettre l’accent sur deux dossiers dont les résultats sont déjà perceptibles : le logement et le transport aérien.

"Notre premier objectif est de moderniser notre flotte civile"

Dans son rapport d’activité, plus exhaustif que son allocution devant le parlement, le ministre a rendu compte de l’action gouvernementale au plan international en ces termes :

“La priorité du gouvernement est de repositionner l’Iran dans son environnement régional et global, a fortiori après une période de confusion qui a fortement mobilisé les ressources diplomatiques du pays au cours de la négociation du Plan d’Action Conjoint.”

Selon lui, le Plan d’Action Conjoint ne constitue pas uniquement un accord : il s’agit avant tout de la reconnaissance au plan international de la position iranienne et de sa puissance. Après plus de deux mille ans, la civilisation iranienne se trouve toujours au carrefour de l’Occident et de l’Orient, du Nord et du Sud. Malheureusement, au cours des dernières années, l’Iran a fait montre d’irrationalité et d’inconscience face à ses rivaux, abandonnant ainsi de nombreux privilèges à ses voisins et concurrents.

Akhoundi a également évoqué le lancement de liaisons aériennes directes entre l’Iran et de nombreux pays :

“Notre priorité absolue en terme de transport aérien est de faire de l’Iran un hub incontournable, au centre des voies de communication internationales. Nous devons montrer au monde que l’Iran est en capacité d’offrir plus de sécurité et plus de confort tout en restant compétitif sur le prix. C’est pourquoi notre premier objectif est de moderniser notre flotte civile. Nous souhaitons donc multiplier les liaisons aériennes entre l’Iran et le monde, redéfinir les autoroutes internationales de l’aviation civile, ouvrir les frontières et réduire les distances de vol. À cet égard, le traffic dans l’espace aérien iranien a déjà doublé.”

Insistant sur le deuxième dossier d’envergure de son ministère que constitue la modernisation des systèmes de navigation, Akhoundi a déclaré que 250 millions de dollars avaient déjà été investis dans les systèmes radar.

 Objectif pour l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran : devenir un hub régional

Le ministre a rappelé que depuis 2004 et jusqu’à aujourd'hui, l’aéroport international de Téhéran n’avait reçu aucun investissement. La capacité en passagers de Mehrabad (NDLR: seul aéroport civil de Téhéran jusqu’à l’ouverture d’IKA en 2004 et actuellement hub pour les liaisons nationales) était de 50 millions par ans alors qu’aujourd’hui, cet aéroport ne reçoit plus que 6 millions de passagers. Un programme de développement qui permettra l’ouverture du terminal 2 dès cette année (NDLR: initialement prévue pour mai 2016, avec une capacité de 5 millions de passagers) a d’ores et déjà été établi. L’objectif à terme est de transformer l’aéroport Imam Khomeini en un hub de dimension régionale.

Pour le ministre, il est indispensable de :

“créer une plateforme multimodale permettant de placer cet aéroport à la jonction des voies ferroviaires et autoroutières internationales afin d’accroître sa connectivité. Pour accroître la compétitivité de nos entreprises et la prospérité de la nation, nous avons besoin de 400 moyen et long-courriers ainsi que d’une centaine de court-courriers. Cela signifie que nous sommes prêts à investir 50 milliards de dollars. Le ministère des Transports a entamé des négociations avec les entreprises internationales en parallèle des négociations nucléaires afin d’évoquer ces dossiers. Dès le début, nous avons souhaité nous passer de tous les intermédiaires et autres spéculateurs, rendant ainsi possible la signature d’un contrat pour l’achat de 138 Airbus avant l’annonce d’un contrat avec Boeing, encore en discussion”. 

Plusieurs milliards de dollars d'investissements nécessaires aux projets d'infrastructure

Akhoundi a rappelé que 40 millions de dollars du Fond National pour le Développement avaient servi à améliorer les infrastructures du port de Chabahar ouvert sur l’océan (NDLR: sur la mer d’Oman) et 100 millions de dollars avaient contribué à l’agrandissement de celui de Bandar Abbas (renommé Shahid Rajai). En outre, un contrat a été signé pour le projet de ligne à haute vitesse Téhéran-Qom-Ispahan ainsi que pour l’électrification de la ligne ferroviaire Téhéran-Mashhad qui requiert 2 milliards de dollars d’investissements. Selon le ministre des Transports, l’accomplissement des projets des voies de communication nécessite un investissement de 17 milliards de dollars :

“Au mois de novembre de l’année dernière, nous avons retiré les trains âgés de 55 ans; cette année, nous comptons retirer les trains âgés de 45 ans, et l’année prochaine, ceux âgés de 35 ans. Si vous voulez que la question de la pollution de l’air soit résolue, il faut sérieusement mettre en relation la thématique des migrations pendulaires avec le développement des infrastructures ferroviaires urbaines, puisque 450 000 voitures entrent et sortent de Téhéran chaque jour.

Heureusement, au cours de l’année dernière, 2 millions de passagers ont emprunté les transports ferroviaires banlieue-capitale. Ce chiffre devrait atteindre 4,6 millions cette année et notre optimisme nous porte à croire qu’il pourrait atteindre 7 millions l’année prochaine. L’autoroute Téhéran-Nord compte actuellement des chantiers tous les 300 mètres et un premier tronçon d’environ 32 km sera ouvert l’année prochaine, réduisant ainsi la distance parcourue de 60 km”.

Selon Akhoundi,  il a également été décidé que 65 000 camions de plus de 35 ans seraient retirés de la circulation.

Etemad
Etemad (اعتماد en persan) est un journal réformateur en Iran. Il est géré par Elias Hazrati, qui était deputé de Rasht et de Téhéran dans le Parlement iranien. Etemad se traduit en persan par «la confiance».
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