Revue de presse francophone
L'Iran vu de la France : bye bye l’iPhone ?
23 July, 2016
Au menu de cette semaine du 16 au 22 juillet : l’implantation ou le bannissement de l’iPhone, le retour de Citroën, une mise en garde de l’ONU…
Samuel Hauraix (@shauraix) | Photo: Malls.ir

 Un objet, un seul, peut incarner les tensions entre deux pays. Dans le cas des relations entre l’Iran et les États-Unis, c’est un produit phare de la firme américaine Apple qui a joué ce rôle cette semaine : l’iPhone. Le sujet a été repris par plusieurs titres de la presse spécialisée dans les nouvelles technologies. Le bien connu Numerama titre par exemple : « L’Iran menace de bannir l’iPhone pour lutter contre la contrebande. » On apprend que le pays « a posé un ultimatum à Apple. Si l’entreprise ne rend pas officielle la vente des iPhone, l’État bannira tous les smartphones de la marque, vendus sous le manteau. » L’auteur, qui cite une agence de presse iranienne, évoque une « stratégie peu commune » qui consiste à « bannir un produit pour lutter contre sa contrebande ».

Ce qu’Apple doit faire pour continuer à vendre des iPhone en Iran », poursuit fort logiquement BFMBusiness. La solution paraît claire : ouvrir une filiale. Si Apple « ne se plie pas aux injonctions iraniennes, il ne pourra plus distribuer ses produits de quelque manière que ce soit ». En réalité, « le but de l’Iran n’est pas de stopper les ventes» mais d’ « assainir le marché. Le gouvernement a officiellement annoncé son intention de constituer une base de données des appareils en circulation ».

Roulez Citroën

Conseil à la firme de Cupertino : passez donc un coup de fil à Citroën. Car le retour du constructeur français en Iran, lui, n’a rien d’une opération « sous le manteau ».  « Après le Lion, c'est au tour du Chevron de revenir en Iran », formule Les Échos, en référence à l’accord trouvé par Citroën quelques mois après Peugeot. « Le groupe PSA, maison mère des deux marques, poursuit Le Monde, a annoncé la signature d’un accord pour établir une coentreprise entre la marque aux chevrons et Saipa, le deuxième constructeur iranien. » « Cette co-entreprise, détenue à 50-50 par Citroën et SAIPA, va bénéficier d'un investissement de 300 millions d'euros sur cinq ans », enchaîne Le Parisien. L’hebdomadaire Le Point y voit là une « normalisation en marche et les acteurs français de l'automobile, PSA en tête, parviennent à renouer petit à petit les fils distendus d'une longue coopération avec l’Iran ».

Le rappel à l’ordre de l’ONU

Cette normalisation, avec l’Occident en général, prendra du temps. C’est ce qu’on déduit des fréquents rappels à l’ordre lancés par la communauté internationale. Dernier en date : celui des Nations unies qui « invitent l’Iran à s’abstenir de mener des tirs balistiques », titre Le Monde. Le papier fait état d’un « premier bilan d’étape très mesuré du compris historique » signé en juillet dernier, sur le volet nucléaire. « Si l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a assuré de la bonne volonté de l’Iran dans le démantèlement de son programme nucléaire, l’ONU a choisi au contraire de souligner les manquements de Téhéran dans ce rapport semestriel », analyse l’article. L’auteur conclut par une sortie du secrétaire général Ban Ki-moon et son appel à « travailler dans un esprit de coopération, de compromis, de bonne foi et de réciprocité », soit une « critique à peine voilée à l’administration américaine ». Cette même administration est d’ailleurs mise en garde par le Parlement iranien. Le journal Les Échos rapporte que ce dernier « somme Washington de respecter l’accord nucléaire ».

Soigner ses bonnes et « mauvaises » relations

Téhéran sait aussi ménager ses relations sur la scène internationale. Exemple pour son voisin la Turquie, où la tentative de putch a échoué. L’Iran, par la voie de son chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, s’est mêlée à la « vague de condamnations », dont Le Monde se fait l’écho.

Plus au sud, du côté du Bahreïn, l’Iran va jusqu’à « critiquer la décision de dissoudre le principal mouvement de l’opposition chiite », indique Le Figaro avec une dépêche AFP. Al-Wefaq (L’entente) « proteste contre le pouvoir sunnite et réclame une véritable monarchie constitutionnelle à la famille royale Al-Khalifa, soutenue par l'Arabie saoudite ».

Cette dernière, on le rappelle, a rompu toute relation diplomatique au lendemain de l’attaque de son ambassade à Téhéran, en janvier dernier. Le blog du Monde nous apprend que l’audition d’une partie des accusés a démarré cette semaine.

Autre relation bilatérale dont il pourrait être question ces prochaines jours, celle nouée avec l’Allemagne. Là, à Munich précisément, où un homme a ouvert le feu dans un centre commercial, tuant neuf personnes. Le suspect… est un Germano-Iranien de 18 ans qui vivait là-bas. À l’heure de ces lignes, on n’en savait pas plus sur ses motivations. En tout cas, très vite, l'Iran a condamné l'attaque, rapporte L'Orient Le Jour via une dépêche AFP.

On se quitte avec un dernier sujet évoqué par le blog du Monde sur la polémique après la mort d’Abbas Kiarostami qui « ravive la méfiance à l’égard des médecins ». Était-ce une erreur d’envoyer le réalisateur le France ? Le débat fait rage dans le milieu médical. 

C’est la fin de cette piqûre de rappel médiatique hebdomadaire. À la semaine prochaine !

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