l'Iran vu de l'Iran
De la mort de Kiarostami à une affaire d'abus de biens sociaux : une semaine de scandales
12 September, 2016
Cette semaine en Iran :  une polémique à l’encontre d’un candidat aux élections présidentielles, un scandale autour de deux banques iraniennes et un contentieux à propos de la mort du cinéaste iranien Abbas Kiarostami.
Photo: 7sobh.com

 Abus de biens sociaux à la mairie de Téhéran

Les scandales politiques sont nombreux cette semaine, à commencer par l’affaire d’abus de biens sociaux qui met en cause Mohammad Ghalibaf, le maire de Téhéran. Le site internet d’architecture Memari News, proche des réformateurs, révèle que certains hauts fonctionnaires de la mairie auraient acquis de l’immobilier et des terrains appartenant à la ville de Téhéran à des prix largement en-dessous des taux du marché. Le maire a porté plainte contre le site et affirmé que toutes les transactions auraient été effectuées avec une coopérative de fonctionnaires de la mairie.

Pourtant, une partie des conservateurs de son camp politique semble déjà prête à le lâcher. Or Ghalibaf n’est pas n’importe qui : il est un potentiel candidat à l’élection présidentielle de mai 2017.  Ces révélations sont-elles destinées à dégager Ghalibaf de la course à la présidentielle ? C’est ce qu’affirme le président du conseil Mehdi Chamran, proche du maire.

Les banques se méfient des Gardiens de la Révolution

Parallèlement, le sujet des sanctions continue à s’inviter dans la politique intérieure iranienne et à créer des tensions entre le gouvernement et les conservateurs. Ces derniers crient au scandale : deux banques iraniennes, les banques Mellat et Sepah, ont refusé de fournir des services monétaires à Khātam al-Anbiyā, une holding gigantesque qui est aussi le bras économique des Gardiens de la Révolution.

Le journal ultraconservateur Keyhan accuse ces banques de “s’auto-sanctionner”. Faux, selon les banques : la Banque Centrale d’Iran elle-même aurait demandé à toutes les banques iraniennes de ne pas fournir de services monétaires à leurs clients qui sont le coup de sanctions de l’Union européenne ou de l’ONU.

Rappelons que l’Iran doit encore montrer patte blanche pour être supprimé de la liste des “juridictions à haut risque et non coopératives”. Cette liste est publiée par le GAFI, le Groupe d’action financière internationale, un organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

"Quatre fautes : deux médicales, deux morales" titre le journal Iran dans son enquête sur l'affaire

L'énigme de la mort de Kiarostami

Enfin, un dernier scandale touche le domaine de la culture. Le célèbre cinéaste iranien Abbas Kiarostami, décédé en juillet à Paris, continue à faire parler de lui. La polémique enfle en Iran après que le fils du réalisateur, Ahmad Kiarostami, a envoyé une lettre au ministre de la Santé. Il accuse les médecins iraniens qui l’ont opéré de négligence et de faute professionnelle.

Opéré pour un problème aux intestins en mars, il a développé une infection le mois suivant alors que le médecin responsable, était parti en vacances pour  Nowrouz, le Nouvel an iranien et restait aux abonnés absents. Le ministère de la Santé a lancé une enquête. Il estime que son dossier médical est “compliqué, sensible, important et long à élucider”.

Ce serait un avion affrété par MK2, la société de cinéma française, qui aurait ramené le cinéaste à Paris en juillet pour une dernière opération.




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