Célibat et structure familiale en Iran
11 millions de jeunes non mariés en Iran : le célibat, c’est la marginalisation !
27 September, 2016
Selon des études récentes, plus 11 millions d'Iraniens qui seraient en âge de se marier seraient encore célibataires.

Les données statistiques relatives aux mariages et aux divorces en Iran sont extrêmement étonnantes. Il est vrai qu'en matière de modèle familial, le temps modifie immanquablement les différentes structures d’une société donnée et c’est cette mutation qui se répercute sur l’archétype de la famille. Si la composition de la famille est passée d'un modèle traditionnel à une structure élargie, la hausse des divorces et la baisse des mariages est anomique. Le sujet suscite d’autant plus l’intérêt lorsqu'on remarque que nombreux sont les couples à se séparer sans pour autant souhaiter divorcer… En d’autres mots, ces couples apprécient la vie en commun mais leurs différences mutuelles les poussent à rompre. En outre, la majorité des millions de jeunes Iraniens qui n’ont pas pu se marier, pour de multiples raisons, n’ont pas fondé de famille. L'Iran est désormais caractérisé par de nouvelles structures sociales qui affectent divers aspects de la vie des Iraniens. 

Ces dernières années, le nombre de célibataires a augmenté en Iran. Selon des études récentes,  11 240 000 de personnes qui seraient en âge de se marier ne seraient pas parvenues à fonder une famille. Le directeur adjoint du Bureau de la Santé de la Population, des Familles et des Universités liées au  Minstère de la Santé a récemment affirmé que le nombre de femmes célibataires en Iran (5, 67 millions) représente près de la moitié du total de 11 millions.  Ces statistiques sont corroborées par le département de l'Etat Civil.

Selon le directeur général des Etudes statistiques et des Données sociales, de l’Immigration et de l’Etat Civil, Ali Akbar,

« jusqu’aux années 90, le nombre de filles célibataires en âge de se marier était supérieur à celui des garçons, mais cette tendance est en train de s'inverser avec l'augmentation du nombre de garçons célibataires ».

 Les statistiques montrent qu’en 2014, le nombre de femmes célibataires dépassait celui des hommes. L’année dernière, 48 % des filles en âge de se marier sont restées celibataires. Au mois de mai passé, le directeur du Bureau général des Statistiques avait annoncé que sur les 12 millions d'hommes iraniens entre 20 et 35 ans, 5 570 000 d'entre eux n'auraient jamais contracté de mariage. Par conséquent, 46 % des hommes en âge de se marier ne l’ont jamais été.

Les chiffres sont similaires pour les femmes entre 15 et 29 ans : 5,57 millions des 11,79 millions de femmes dans cette tranche d'âge sont encore célibataires. Selon les statistiques, ce célibat risque d’êre prolongé : passés 34 ans pour les hommes (il y a 320 000 hommes qui ont dépassé l’âge conventionnel du mariage) et 29 ans pour les femmes,  le célibat peut s’avèrer définitif. Selon le directeur général du Bureau des statistiques, 980 000 femmes risquaient d’être célibataires à vie en 2014. Les femmes sont trois fois plus concernées que les hommes par cette situation. 

Une nouvelle manière de vivre

La baisse des mariages et la hausse des divorces ébranle le mode de vie traditionnel. Nombreux sont les jeunes à vivre encore sous le toit de leurs parents même à l’âge adulte. Ces jeunes gens,  dont le salaire est souvent insuffisant, sont considérés comme un fardeau par leur famille et ne rentrent pas dans le cadre familial traditionnel. Dans l'incapacité de subvenir à leurs propres besoins dans les structures en place, ils restent souvent sans descendance.  Il est indéniable qu'en Iran, où la société est organisée autour de la cellule familiale, les célibataires - du moins ceux d'un âge avancé - se retrouvent en partie en dehors de la structure sociale. Pour diverses raisons, ils ne sont pas parvenus à trouver un partenaire qui leur convienne et cette situation peut être à l'origine de dépressions ou de frustrations.

Rester célibataire, ce n’est pas la fin du monde !

Shahindokht Molavardi, vice présidente en charge des Questions féminines et familiales, qui a lancé un programme sur le célibat des femmes iraniennes, a récemment affirmé que les croyances religieuses profondément ancrées jouaient un rôle dans cet état de fait. Mais si une fille reste célibataire, ce n’est pas la fin du monde ! Ses paroles ont été acceuillies par de multiples réactions négatives. Il semble que le traitement des questions sociales de manière manichéenne ait causé de nombreux problèmes dans la société iranienne.

 

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