L'Iran lance l’exploitation de trois nouveaux gisements pétroliers
17 November, 2016
Dimanche 13 novembre, le président iranien Hassan Rouhani a inauguré l'exploitation de trois champs pétroliers situés dans le sud-ouest du pays à la frontière irano-irakienne : Azadegan-Nord, Yadavaran et Yaran.
SMT |

Le gisement d'Azadegan-Nord fait partie d'un vaste champ pétrolifère situé dans le sud-ouest de l'Iran, 100 km à l'ouest de la ville d’Ahvaz. La production de ce gisement, mis en exploitation en mars dernier, est actuellement de 75 000 barils par jour. À 10 km au sud-est et à 70 km au sud-ouest d'Ahvaz, Yadavaran fait aussi partie des gisements partagés entre l'Iran et 'Irak. Sa production atteint déjà 115 000 barils par jour. Enfin, Yaran-Nord se trouve, lui, à l'ouest d'Ahvaz et d'Azadegan. La densité du pétrole brut de ce gisement est estimée entre 16 et 18 degrés API et sa production est de 30 000 barils par jour. D'un point de vue financier, il est prévu que la première phase du plan de développement de Yadavaran bénéficie de 3 milliards de dollars d'investissement de la SINOPEC (China Petroleum & Chemical Corporation). Un contrat de 2,55 milliards de dollars a été signé par la China National Petroleum Corporation (CNPC) pour l’exploitation de la première phase de l’Azadegan-Nord. Quant au gisement Yaran-Nord, il a été développé par la Persia Oil and Gas Industry Development Co (POGIDC) avec moins de 600 millions de dollars.

Les premiers résultats du rapport intitulé « Étude générale et approfondie d'ordre économique, environnemental et social des champs pétroliers de l'ouest du fleuve Karoun et de leur gestion pour le développement durable de cette région » viennent d'être présentés. Shana (Petro Energy Information Network) rapporte les propos de l’adjoint chargé de l'optimisation de l'utilisation de l'énergie et de l'évaluation des plans de la National Iranian Oil Company (NIOC) : « En collaboration avec des économistes, des sociologues, des spécialistes de l’environnement, des gestionnaires et avec l'aide de professeurs spécialistes, le consultant responsable de ce plan a clarifié et déterminé la situation actuelle des régions pétrolières de l'ouest du fleuve Karoun ». Les résultats de ces études ont été présentés lors une réunion organisée par le conseiller social du ministre du Pétrole, en présence des membres du comité de direction des plans de la NIOC. Selon ce rapport, la première phase de ce plan de développement repose sur « la connaissance et l'analyse complète de la situation actuelle de la région, avec une emphase sur les solutions de réalisationà court terme du programme de la compagnie Arvandan Oil and Gas Company (filiale de la NIOC) ». C’est pour cette raison qu’une réunion des directeurs et des experts de la Arvandan Oil and Gas Company a été organisée. Les priorités de cette société pétrolière et les défis qu’elle aura à relever ont ainsi été clairement définis. Eu égard à la zone des marais de Mésopotamie et à leur importance, il a aussi été décidé que les résultats de l’équipe chargée de l'environnement seraient étudiés et interprétés dans une réunion séparée.

D'après le ministre du Pétrole, le contrat de contre-achat signé avec Pékin pour le développement de la deuxième phase des gisements d'Azadegan-Nord et de Yadavaran serait toujours d'actualité. Cependant, le ministère du Pétrole a envoyé de nombreux signaux de mécontentement vis-à-vis des entreprises chinoises,  s'agissant notamment de l’exploitation du gisement d'Azadegan-Nord. Suite à son entretien avec Zhang Yu Zhybng, vice-président de l'organisation nationale de l'énergie de la République populaire de Chine, le ministre du Pétrole iranien, M. Bijan Namdar Zanganeh, a affirmé que le processus de négociation pour l'affectation du développement des gisements de Masjed Soleyman et d'Azadegan (Nord et Sud) n'était pas clos, le ministère n'ayant pas obtenu satisfaction. Par ailleurs, Pékin vient de présenter son Master Development Plan (MDP) pour la deuxième phase de développement des gisements d'Azadegan Nord et de Yadavaran, projet que l’Iran a accepté. Zanganeh n'a pas caché ses doutes quant à l'attribution de l’exploitation de ces deux gisements aux entreprises chinoises.

Le 6 juillet 2009, l'Iran et la CNPC (China National Petroleum Corporation) avaient signé un contrat de contre-achat, aussi appelé « buyback », d’une valeur de 2,5 milliards de dollars pour le développement de l'Azadegan-Nord. Après trois ans d'efforts, alors que les sanctions et les innombrables réunions avec les entreprises concernées ont engendré un retard considérable, l'Iran a enfin pu lancer la mise en exploitation du gisement en mars 2016, gisement qui produit actuellement 75 000 barils de pétrole par jour (soit 14 millions au total) grâce à la première phase de développement de l'Azadegan-Nord. C’est sur la base de ce premier contrat que, suite à un accord entre la NIOC et la CNPC, le développement de la deuxième phase a également été attributé à la branche internationale de cette dernière. Après les tribulations de ces derniers mois, il semble donc qu'une nouvelle chance soit offerte aux entreprises chinoises pour tenter d'augmenter la productivité des deux grands champs pétroliers qui leur sont accordés et de répondre aux attentes du ministère du Pétrole iranien.

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