Présentation du colloque organisé le vendredi 17 mars 2017
"Iran : la (R)évolution en héritage" : retour sur le colloque organisé par Lettres Persanes et l'Ifri
22 March, 2017
Vendredi 17 mars, Lettres Persanes organisait en collaboration avec l’Institut Français des Relations Internationales (Ifri) un colloque intitulé « Iran :la (R)évolution en héritage. Comprendre les enjeux politiques, économiques et culturels de l’Iran contemporain » au Palais du Luxembourg.
Photo: Mahka Eslami

Plus d’une centaine de personnes ont assisté à ce colloque, composé de trois panels : un panel politique, un panel économique et un panel culturel. Dans le contexte du retour de l’Iran sur le devant de la scène, l’objectif de ce séminaire était de présenter l’héritage et l’actualité de la Révolution de 1979 dans l’Iran contemporain. L’événement fondateur de la République islamique est en effet indispensable pour comprendre le jeu politique, le système économique et la production littéraire et cinématographique de l’Iran. La Révolution, ses idéaux et ses contradictions restent au cœur des débats qui animent l’Iran. Loin d’être obsolète, la question de ce qui est révolutionnaire continue d’agiter les acteurs politiques, économiques et culturels de cette république islamique.

 

Panel No. 1 : Entre révolution et modernité : les forces politiques en présence (modéré par Roohollah Shahsavar, Lettres Persanes)

Mme Azadeh Kian (professeure de sociologie, directrice du CEDREF, Université Paris 7 Denis Diderot), M. Alain Frachon (journaliste, correspondant de l'AFP à Téhéran en 1979) et M. Hamze Ghalebi (consultant indépendant, ancien conseiller ministériel en Iran) ont échangé sur les aspects politiques de l’Iran contemporain. M.

Frachon a ouvert le colloque en narrant son expérience de journaliste en Iran au moment de la Révolution – une Révolution bouillonnante, désordonnée, où les vainqueurs n’étaient pas encore connus. Mme Kian a présenté un panorama du paysage politique iranien actuel, en insistant sur les forces politiques que représentent les minorités (femmes, minorités ethniques, etc.).

M. Ghalebi a rappelé les progrès importants enregistrés par l’Iran dans les domaines de l’éducation et de l’économie depuis 1979, en soulignant que la politique étrangère iranienne (dictée par des considérations stratégiques et non religieuses) n’a pas connu de changement de majeur avant et après la Révolution.

 

Panel No. 2 : Socialisme et capitalisme iraniens à l’heure de la mondialisation : une économie révolutionnaire (modéré par Dorothée Schmid, Ifri)

 

M. Mehrdad Emadi (économiste, Cabinet Betamatrix, Londres) a introduit le sujet économique en démontrant, à l’aide de statistiques portant sur la présence d’étudiants iraniens dans les meilleures universités américaines, que l’Iran dispose d’un capital humain et scientifique de premier ordre. En dépit de ce capital, une mauvaise gestion de l’économie et le poids des sanctions ont considérablement retardé le développement économique du pays.

 

M. Hamzeh Arabzadeh (économiste, Ecole d’économie de Paris) est ensuite revenu sur le lien entre la croissance démographique iranienne et les difficultés à absorber cette main-d’œuvre sur le marché du travail.

Enfin, M. Thierry Coville (chercheur associé à l'IRIS, professeur à Novancia) a présenté ses recherches sur un aspect peu connu de l’économie iranienne : le poids des entreprises familiales dans le secteur privé. Même si elles sont moins importantes qu’avant la Révolution, ces entreprises sont toujours aujourd’hui des marqueurs qui accompagne les mouvements de la société iranienne.

Panel No. 3 : Littérature, cinéma et art contemporain : dépasser la révolution (modéré par Raha Meyssami, médiatrice culturelle et peintre)

Mme Nahal Tajadod (écrivaine) a raconté aux participants son parcours personnel, des piscines de Téhéran avant la Révolution à son activité d’écrivaine, en passant par sa carrière universitaire focalisée sur l’exportation des religions iraniennes en Asie. Elle a partagé avec le public sa passion de « dire l’Iran », sans jamais s’attacher à une vérité unique.

Mme Asal Bagheri (sémiologue, spécialiste du cinéma iranien) a dressé un panorama du cinéma iranien depuis la Révolution sous l’angle de la présence des femmes, devant et derrière la caméra. Elle a montré qu’en dépit des apparences, la femme – et la complexité des parcours de femmes - est devenue un personnage central du cinéma iranien sous la République islamique.

© 2016 Lettres Persanes. Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, du contenu du site est strictement interdite sauf autorisation écrite de Lettres Persanes.