Attentat à Téhéran : dernier bilan, 17 morts, une femme arrêtée
08 June, 2017
Un double attentat terroriste, revendiqué par Daesh, hier matin a fait 17 morts et 52 blessés à Téhéran et Ray. Dans un premier temps, les autorités iraniennes avaient annoncé 13 morts et 42 blessés. Tous d'origine iranienne, les terroristes étaient âgés entre 20 et 25 ans.
Photo: Efran Kouchari - Tasnim

Mercredi matin, plusieurs commandos ont mené deux opérations en Iran. La première a touché la capitale, Téhéran, et son parlement. La seconde, dans le banlieue au sud de la ville, le mausolée de l'ayatollah Khomeney, fondadeur de la République islamique.

A  10h30 (heure de Téhéran), une équipe de terroristes, constituée de quatre hommes, déguisés en femmes, sont rentrés dans l'un des bâtiments administratifs du Majlis (le Parlement iranien). Après avoir été repoussés par les forces de sécurité du Majlis, l'un des hommes a lui aussi déclenché sa ceinture explosive, tandis que les trois autres essayaient d'accéder au étages supérieurs.   

Peu après ce premier évènement,  deux hommes armés ont essayé de pénétrer dans le mausolée de l'ayatollah Khomeiny, le Guide de la révolution islamique. Après avoir été confrontés aux forces de sécurité, l'un des assaillants, porteur d'une ceinture explosive, s'est fait sauté.  Après avoir neutralisé le deuxième individu, les forces de sécurité sont parvenus à arrêter une femme qui faisait partie du commando. Le bilan de l'opération se porte ainsi à une victime et trois blessés, sans compter les auteurs de l'attaque. Les terroristes, repoussés au niveau de l'entrée ouest, n'ont pas pu entrer dans le monument.  

   

Plus de cinq heures d’échanges de tirs au Parlement

Très réactive, l'agence de presse Tasnim, proche des Gardiens de la Révolution, a réussi à couvrir l'évènement de près.  

   

Quatre terroristes, âgés entre 20 et 25 ans, ont pénétré dans le bâtiment administratif du Majlis après avoir tué par balle les forces de sécurité. Alors que les individus atteignaient le dernier étage du lieu, l'un d'eux décidait de sortir à l'extérieur et commençait à viser la foule dans la rue. (Je dirais plutôt : Alors que les individus avaient atteint le dernier étage, l’un d’eux est sortit à l’extérieur en tirant sur la foule.

   

Confronté aux forces spéciales de Sépah (Gardiens de la Révolution), l'individu en question a dû se résoudre à se replier à l'intérieur. Depuis les fenêtres, les terroristes ont continué à tirer, parfois à l'aveugle, contre les passants.  

Une fois à l'intérieur, les membres de Sépah sont parvenus à neutraliser l'un des assaillants, puis un second avant que celui-ci ne soit parvenu à se faire exploser. C'est le général Pakpour en personne, commandant de la force terrestre des Gardiens de la Révolution, qui a dirigé l'opération. Constatant le décès de deux de leurs équipiers, les deux autres membres du commando terroriste se sont faits exploser à l'issue d'un échange de tirs de plus de cinq heures.  

Une fois le lieu sécurisé, les forces de l'ordre ont trouvé plusieurs grenades autour des cadavres des victimes.  

 

 Le Parlement reprend son travail après l'éradication des assaillants  

 

L'hypothèse d'une opération ratée  

Certaines sources iraniennes parlent évoquent l’hypothèse selon laquelle les terroristes avaient l'intention d'accomplir leurs opération pendant la cérémonie de mort de l’ayatollah Khomeiny le 4 juin dernier. Une opération probablement repoussée à cause des dispositif sécuritaires mise en place par les forces de sécurité iraniennes.   

Daesh à l'origine des attentats  

Daesh revendique le double attentat à Téhéran et à Ray. "L'accent des assaillants dans les vidéos montre qu'ils ne sont  probablement pas d'origine irakienne ou du Lovant " selon Hamidreza Taraghi, secrétaire général adjoint du Parti Mo'taléfé (un parti conservateur traditionnelle). Une hypothèse validée par les sources officielles iraniennes. Tous les membres des commandos étaient de nationalité iranienne. "Leur objectif est avant tout médiatique plutôt que militaire" affirme cet ancien député iranien dans une interview pour le journal Vaghayeh Ettefaghiyeh.

Il accuse également la force des Mujahedins de collaborer avec Daesh dans l'organisation des attentats. Un mot un propos qui revient régulièrement dans les journaux iraniens, principalement à cause du passif du groupe organisant des attentats terroristes qui se sont soldés par des milliers de victimes civiles depuis les années 1980, selon les autorités iraniennes.  

 

© 2016 Lettres Persanes. Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, du contenu du site est strictement interdite sauf autorisation écrite de Lettres Persanes.