La mairie de Téhéran bascule côté réformiste
14 August, 2017
Élu la semaine dernière, Mohammad Ali Najafi, proche du président iranien Hassan Rouhani, devient le premier maire réformiste de la capitale depuis 14 ans.
Samuel Hauraix | Photo: La une du journal Arman - Hojjat Sepahvand

 Samedi 20 mai dernier. Alors que les Téhéranais s’apprêtent à fêter la réélection de leur président Hassan Rohani, certains s’interrogent déjà sur l’autre résultat attendu au lendemain du jour de vote : celui du nouveau maire de la capitale. Les électeurs se prononçaient à la fois pour les scrutins présidentiel et municipales. « Ce sera Mohsen Hashemi [Rafsanjani], c’est sûr », entend-t-on chez certains passants qui font référence au fils de l’ancien président.

Après plus de trois mois de tractions, une figure sans doute moins connue des Iraniens va accéder à la mairie de la ville la plus importante du pays : Mohammad Ali Najafi. Le nouveau maire de Téhéran commence son travail officiellement le 22 août (le 1er jour du mois de Shahrivar selon le calendrier solaire iranien). Il a été élu, à l’unanimité, la semaine dernière par le conseil municipal élu en mai.

Beaucoup de journaux ont sacrifié leurs unes  à la désignation du nouveau maire de la capitale, comme Arman-e Emrouz

Cet homme de 65 ans, né à Téhéran, compte une longue carrière politique derrière lui. Comme d’autres haut responsables politiques iraniens, dont le président Rohani, Najafi s’est formé à l’étranger.  Diplômé de l’Institut de technologie du Massachusetts aux États-Unis, l’ancien professeur de mathématiques a d’abord été ministre de la culture de la jeune République islamique, en 1981. À l’époque, Ali Khamenei, actuel Guide suprême et plus haute autorité du pays, était le président.

 

Il devient par la suite le ministre de l’éducation d’Akbar Hashemi Rafsanjani, illustre personnalité politique décédée en début d’année, durant ses deux mandats présidentiels (1989-1997). Membre du conseil municipal de Téhéran depuis 2007, Najafi est réputé proche du président Hassan Rohani, réélu sans surprise en mai dernier.

 Un conseil 100% réformateur

La nomination d’un réformateur à ce poste était garantie depuis le véritable raz-de-marée réformiste qui s’était abattu sur la capitale en main : leur liste avait remporté la totalité des 21 sièges ! Une liste menée par Mohsen Hashemi Rafsanjani, longtemps pressenti pour devenir maire.

Mohammad Ali Najafi succède au conservateur Mohammad Ghalibaf, en poste depuis 12 ans mais très critiqué ces derniers mois (problème de pollution, gestion de l’incendie du Plasco Building…). Le nouvel élu sait que ce poste peut donner une carrure de présidentiable à terme : son prédécesseur a été candidat à plusieurs reprises, y compris cette année avant de se retirer au profit d’Ebrahim Raisi. Et un certain Mahmoud Ahmadinejad avait gagné cette mairie avant d’être président (2005-2013). Pour autant, Najafi a récemment assuré au journal Etemad qu’il ne serait pas candidat à l’issue de son mandat municipal de quatre ans.

 

 

Samuel Hauraix
Rédacteur en chef adjoint de Lettres Persanes, journaliste à l’œil attentif sur l'Iran, et sa représentation dans les médias français
© 2016 Lettres Persanes. Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, du contenu du site est strictement interdite sauf autorisation écrite de Lettres Persanes.