L’hégémonie iranienne au Moyen-Orient pose question
01 December, 2017
L’Iran vu de la France. L’influence iranienne dans la région, la rivalité avec l’Arabie saoudite, une fana iranienne d’Angelina Jolie et de chirurgie… Notre revue de presse avec ce que les médias français ont dit sur l’Iran cette semaine du 27 novembre au 1er décembre 2017.
Samuel Hauraix | Photo: ISNA - Amir Kholousi

« En tant qu'un de vos soldats, je déclare la fin de la domination de l'arbre maléfique de Daech. » C’est en ces termes que le général Qasem Soleimani s’est récemment adressé au Guide suprême Ali Khamenei, pour lui signifier la fin de l’entité terroriste. Toute la question serait désormais de savoir : et maintenant ? Comment va se traduire cette annonce politiquement ? « Au Levant, il y aura un avant et un après Abu Kamal », juge Le Figaro en référence à cette ville syrienne reprise par l’armée de Bachar al-Assad et « ses alliés iraniens des gardiens de la révolution ». Pour George Malbrunot, cette victoire est la preuve de l’efficacité « incontestable » du « modèle iranien dans cette guerre qui se joue dans des États faibles », en l’occurrence la Syrie et l’Irak. Alors que dans le camp sunnite manquerait d’homogénéité et resterait « divisé et sans leadership depuis les printemps arabes ». Mais faut-il voir dans la politique iranienne une volonté de « recréer l’Empire perse » via ce « corridor territorial reliant Téhéran Bagdad Damas Beyrouth (via le Hezbollah libanais) », comme l’écrit Le Figaro ? Thierry Coville, chercheur associé à l’IRIS et grand connaisseur de la question iranienne, pose un regard plus nuancé. Interrogé par France Culture sur l’avenir politique de la région en lien avec l’Iran, le chercheur assure qu’il n’y a « pas un plan de l’Iran pour envahir la région » Si Téhéran est intervenu chez les pays voisins, c’était « pour éviter de se battre contre Daech, l’ennemi mortel, à Isfahan ». Aussi, « la Syrie était la seule à l’avoir soutenu durant la guerre avec l’Irak ». Selon lui, Damas était également « capitale pour acheminer de l’aide au Hezbollah ».

Cette « montée en puissance solitaire de l’Iran » se fait au détriment de son voisin rival : l’Arabie saoudite. France24 s’est d’ailleurs posé cette question, cette semaine : « Riyad ou Téhéran : qui peut gagner la guerre économique ? » Les invités en plateau rappellent qu’alors que les Iraniens attendent encore les retombées de l’accord de juillet 2015, les Saoudiens eux, sont sur la voie d’une transition économique avec la « Vision 2030 » qui veut rendre moins dépendant le pays du pétrole. L’un des enjeux sera la qualification des nouveaux travailleurs dans les autres secteurs de l’économie. « Il y a là une vraie opposition avec l’Iran où ce n’est pas une élite seule qui est formée, mais toute la population », remarque un intervenant.

De son côté, RFI fait un bond dans le temps pour revenir aux origines de la crise entre les deux pays. Outre la division religieuse datant de l’Empire safavide (1501), « le point de rupture entre ces deux visions géopolitiques, c’est la révolution islamique de 1979 ». Véritable point de départ des décennies d’événements régionaux qui amèneront à la situation actuelle. Aujourd'hui, l'une comme l’autre puissance a le sentiment d’être « cernée », écrit RFI.

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