Nowruz, une fête millénaire célébrant l'arrivée du printemps
20 March, 2019
Nowruz est une célébration du début du printemps, lorsque le soleil commence à reprendre des forces et à vaincre le froid, l’obscurité de l’hiver, et que la nature renaît.
Photo: Muhammah Mahdi Karim, Fresque murale du palais de Chehel Sotoun à Ispahan, représentant une fête de Nowruz organisée par Shah Tahmasp en l'honneur du roi indien Humayun

Nowruz est une des plus anciennes fêtes nationales de l’Iran antique. Elle célèbre l’arrivée du printemps et le début de l’année. Les habitants des différentes régions du plateau iranien la fêtent encore. Nowruz est le moment précis du début du printemps, qui s'appelle aujourd'hui l'équinoxe du printemps. Ce jour-là, à midi, le Soleil est exactement au zénith sur l'équateur terrestre (cette année : le mercredi 21 mars à 22:58). Nowruz est une célébration du début du printemps, lorsque le soleil commence à reprendre des forces et à vaincre le froid, l’obscurité de l’hiver, et que la nature renaît.

Nowruz est considéré comme le début de la nouvelle année en Iran et en Afghanistan et est officiellement jour férié dans d'autres pays comme le Tadjikistan, la Russie, le Kirghizistan, le Kazakhstan, la Syrie, l’Irak, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, l’Albanie, la Chine, la Turquie, le Turkménistan, l’Inde, le Pakistan et l’Ouzbékistan.

Les Iraniens ont commencé à célébrer Nowruz comme la résurrection de la nature et du jardin. Ils croient qu’à Nowruz, comme la nature, nous devons commencer une nouvelle nouvelle ère avec un nouvel esprit et une nouvelle attitude. L'origine et l'époque de l'apparition de Nowruz sont mal connues. Certains récits historiques attribuent le début de Nowruz à Babylone. Selon ces récits, la version actuelle de Nowruz en Iran remonte à 538 av. J.-C., lorsque Cyrus le Grand envahit Babylone. Selon d’autres récits, Zarathoustra est considéré comme le fondateur de Nowruz.

Il a été suggéré que, dans le célèbre complexe palatial de Persépolis, le palais de l'Apadana avait été construit par le Roi Darius afin d'être utilisé spécialement pendant les célébrations de Nowruz. Parmi toutes les fêtes de l’Empire perse qui ont été oubliées après l’invasion de l’Iran par les Arabes, Nowruz a pu conserver son statut de fête nationale en Iran. La raison de la persistance de Nowruz dans la culture iranienne peut s’expliquer par le lien profond qui unit les Iraniens à leurs rituels, l’histoire de leur pays et leur mémoire culturelle.

Persépolis

Nowruz n’est pas qu’une fête pour célébrer l’arrivée du printemps, elle est également le symbole de tout un pays et un peuple, un élément d’union entre Perse, Kurdes, Turcs, Lurs, Arabes, Baloutches, etc. qui fêtent tous ce jour. 

 Les célébrations de Nowruz commencent avec la fête de Tchahârchanbé Souri, appelée aussi Fête du feu. Elle est célébrée la veille du dernier mercredi de l'année par les Iraniens depuis au moins 1 700 ans avant Jésus-Christ (c'est-à-dire depuis la première période du zoroastrisme). À l’occasion de cette fête, des luminaires et décorations sont installés dans les grandes villes iraniennes, et des feux sont allumés sur les places publiques. Les luminaires et le feu symbolisent l’espérance d’un éclaircissement, et d’un bonheur radieux pour l’année à venir. Concrètement, les gens allument des feux plus ou moins grands et sautent par-dessus les flammes, en prononçant la phrase : « Zardi-yé man az to ; sorkhi-yé to az man » qui signifie littéralement : « ma [couleur] jaune pour toi, ta [couleur] rouge pour moi » (le rouge est la couleur du feu). Cela signifie, figurativement, « je te donne ma pâleur (ou ma maladie), je prends ta force (ta santé) ».

D’autres tradition sont également présentes : le grand ménage de printemps, le sofreh haft sîn, les visites aux membres de la famille, l’achat de nouveaux habits ou le voyage.

 

 

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