L’Iran et ses relations sino-indiennes, la stratégie de Trump vis-à-vis de l’Iran : [revue de la presse internationale]
09 April, 2019
Chaque mois, Thinkestân vous prépare une revue des meilleurs analyses parus dans la presse internationale concernant les enjeux géopolitiques, politiques et économiques. Voici la revue de presse du mois de mars 2019.
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Russia and Iran cannot always count on China

En réponse aux sanctions américaines, Pékin considère ses intérêts propres comme prioritaires, selon Raffaello Pantucci.

“Certains voient dans Pékin le soutien financier auquel les pays peuvent faire appel pour les aider quand ils tombent sous les sanctions des États-Unis. Pourtant, un examen attentif des cas de la Russie et l’Iran montre au contraire que la Chine réagit à la politique de sanctions américaine au détriment de ses supposés alliés stratégiques.” nous explique l’auteur de cet article.

Il souligne également l’existence de désaccords entre des puissances souvent décrites comme les membres d’une alliance anti-occidentale.

Sur le plan géostratégique, la Chine, la Russie et l’Iran forment une certaine alliance. Mais malgré cette proximité, la réalité est qu’il existe de profondes tensions entre Beijing, Moscou et Téhéran.

Téhéran, qui souhaite contourner les sanctions américaines avec l’aide de Pékin, n’a pas eu les investissements espérés. En décembre, la Kunlun Bank, qui est majoritairement détenue par China National Petroleum Corp, a annoncé qu’elle allait agir en conformité avec les sanctions américaines contre l’Iran.

Comme Moscou, Téhéran a cherché à augmenter le volume des transactions en monnaie locale, mais cette volonté n’est pas vraiment réciproque. Les sanctions américaines ont même freiné le projet des nouvelles routes de la soie en Iran. 

Total a quitté L’Iran après la sortie des États-Unis de l’accord de Vienne. Le projet gazier South Pars a été récupéré par le groupe CNPC. Mais le projet n’avance pas comme les Iraniens le souhaitent.

L’auteur conclut l’article en disant : “la principale raison de cette tendance est l’indépendance des entreprises chinoises, le secteur privé chinois ne souhaite pas mettre en danger ses intérêts aux États-Unis.”.

Lien vers l’article : Russia and Iran cannot always count on China

Confronting Iran

La stratégie de l’administration Trump

Dans cet article, Mike Pompeosecrétaire d’État des États-Unis, nous explique la stratégie de l’administration Trump vis-à-vis de l’Iran et de la Corée du Nord.

La fin de la guerre froide a obligé les décideurs et les analystes à réfléchir de nouveau aux principaux défis de la sécurité nationale des États-Unis. L’émergence d’Al-Qaïda, de cybercriminels et d’autres entités dangereuses a confirmé la menace d’acteurs non-étatiques. Mais selon Mike Pompeo, certains États reste cependant une menace à la sécurité des États-Unis et de ses alliés. Ses États qui ne respectent pas les norme internationales selon le secrétaire d’État américain sont considérés par lui comme des États “voyous”.

“Avec l’Iran, l’accord conclu en 2015 avec l’administration Obama (JCPOA) n’a pas permis de mettre fin aux ambitions nucléaires de l’Iran. En fait, comme l’Iran savait que l’administration Obama donnerait la priorité à la préservation de l’accord, le JCPOA a créé un sentiment d’impunité de la part du régime.” estime Mike Pompeo. De plus, selon lui l’accord de Vienne a permit aux iraniens de financer leurs alliés dans la région, ce qui est un danger majeur pour la sécurité et les intérêts des États-Unis.

La doctrine de Trump :

“Le président Trump a clairement indiqué la nécessité d’un leadership américain audacieux pour donner la priorité aux intérêts et à la sécurité des États-Unis.” souligne le secrétaire d’État.

Avec l’Iran, l’administration Trump poursuit une campagne de «pression maximale» visant à étouffer les revenus du régime. Mike Pompeo précise cependant que les États-Unis ne cherchent pas un conflit armé avec l’Iran. “L’objectif des la campagne de “pression maximale” mené par les États-Unis et leurs alliés est de obliger les responsables iraniens à négocier à nouveaux avec les américains afin de trouver un meilleur accord dans les intérêts des deux pays.”

Lien vers l’article : Confronting Iran

Modi’s Middle East Deals Snub Iran, Foreign Policy

Le Premier ministre indien Narendra Modi a une vision très pragmatique de la stratégie indienne au Moyen-Orient.  Au cours des cinq dernières années, il a développé des partenariats avec l’Arabie Saoudite, les monarchies du golfe Persique et Israël dans le but d’attirer des investissements. “En faisant cela, il a en grande partie ignoré l’Iran et rompu avec la diplomatie indienne au Moyen-Orient qui datait de la Guerre froide” selon Harch Pant et Hasan Alhasan.

Selon les auteurs de cet article, la politique étrangère est un “priorité” pour le Premier ministre indien. Depuis son élection en 2014 il a enchainé des visites partout dans le monde, notamment au Moyen-Orient.

À part les questions stratégiques et géopolitiques, un des principales enjeux pour le Premier ministre indien au Moyen-Orient est le pétrole. Selon certains analystes, d’ici 2024, l’Inde sera le premier consommateur de pétrole au monde. Le pays a également signé de nombreux contrats militaires avec Israël.

“Deux facteurs expliquent l’enthousiasme modéré de Modi pour des relations avec l’Iran. Le premier est le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran par le président Donald Trump en novembre 2018, et le deuxième est le style de négociation compliqué des Iraniens” selon les auteurs de l’article.

Les auteurs de l’article concluent : “ignorer l’Iran comporte des risques. l’Iran a toujours été l’un des principaux fournisseurs de pétrole et de gaz de l’Inde. L’Inde a également investi dans le complexe portuaire de Chahabar. En s’aliénant l’Iran, l’Inde risque de perdre Chabahar à la concurrence chinoise ou russe. Mais à l’heure actuelle, Modi semble accepter ces risques.”

Lien vers l’article : Modi’s Middle East Deals Snub Iran, Foreign Policy

Persian Collections at Louvre Are Worth the Journey

Dans cet article, Elaine Sciolino nous fait découvrir le trésor perse du Louvre ! 

“Lorsque Darius devint le souverain de l’Empire perse, il fit de Suse sa capitale permanente. D’une des villes les plus anciennes du monde, elle est devenue un centre commercial, administratif et politique aussi important que Persépolis, un site essentiellement cérémoniel de la même taille que Darius a également construit.” nous explique l’auteur de l’article.

À partir de 1885, les archéologues français y ont mené de nombreuses fouilles. La plupart des objets découverts sont présentées aujourd’hui au Louvre. «La France a conclu un accord diplomatique très intelligent et un monopole», a déclaré Julien Cuny, conservateur des collections persanes au Louvre. «Pendant des décennies, seuls les Français ont pu creuser et tout ce qu’ils ont déterré a été autorisé à venir en France.»

Ce n’est qu’après l’arrivée au pouvoir de Reza Chah en Iran en 1925 qu’un nouvel accord a été négocié. À partir de 1928, les découvertes ont été partagées par les deux pays. La révolution iranienne de 1979 a mis fin à de tels projets communs. Mais depuis maintenant plusieurs années, l’Iran se montre enthousiaste au sujet de nouvelles coopérations avec les grands musées du monde.

De nos jours, le Louvre considère les vestiges de Suse parmi ses avoirs les plus précieux, estime Sciolino. “L’histoire de Suse est peu connue, même parmi certains visiteurs iraniens, qui la confondent souvent avec celle de Persépolis.”

Fin 2018, le Louvre a installé un écran 3D interactif en français, anglais et espagnol, qui permet aux visiteurs de faire une visite de Suse.

La pièce maîtresse de la principale salle persane du Louvre est la partie supérieure de ce qui était une colonne de calcaire de près de 20 mètres de haut, décorée au sommet de deux taureaux agenouillés.

Un autre trésor découvert à Suse : le code d’Hammurabi, le système de droit babylonien de l’ancienne Mésopotamie. Il comprend 282 lois, dont celles régissant le commerce, l’esclavage, le vol, les taux d’intérêt, la présomption d’innocence et la loi du Talion.

Contrairement à une grande partie du Louvre, la section Antiquités du Proche-Orient est libre de foule. Le code d’Hammurabi, cependant, a été ajouté au programme des écoles élémentaires françaises et, chaque jour, il peut y avoir plusieurs classes d’élèves assis à sa base, pendant que des conservateurs de musée racontent son histoire.

“Vous me demandez pourquoi je m’intéresse à l’Iran, eh bien, c’est parce que c’était le centre du monde”, a déclaré M. Cuny. “Vous entrez dans ces salles et vous êtes arrivés en Perse.”

Lien vers l’article : Persian Collections at Louvre Are Worth the Journey

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