La génération Z iranienne : confiante, originale et connectée en permanence
12 July, 2019
La génération Z à l’iranienne est simple, garde son orientalité et son iranité et souhaite rester unique politiquement, socialement et culturellement.
Rezvan Farsijani |

Devant le grand miroir du vestibule de l’appartement, elle est là, face à son reflet… « Jonné man, attends, je fais une petite story puis un Snapchat… Boum, bim, c’est rapide et c’est fait. Voilà. J’ai eu beaucoup de « like » pour ma dernière photo ».  Selon sa mère, il est temps pour Asseman qu’elle parte pour la faculté. Mais Asseman en a décidé autrement. Non, elle n’ira pas à l’université aujourd’hui. Elle compte aller à une fête, khafan . Il neige à Téhéran. C’est le mois de janvier .

Asseman est née en 2000 après Google et n’a connu que les smartphones et le wifi. Comme beaucoup de ses amis, son existence a été marquée par des périodes d’instabilité financière provoquée par les sanctions. Elle a été baignée dans un climat où cohabitent informations et haines. Pourtant, ils connaissent l’euphorie des fêtes et des dépenses. Asseman et les amis de son âge sont audacieux et l’environnement digital qui les entourent est devenu une norme. Les filles ne craignent rien, ne se hâtent pas pour remettre leur foulard et le rangent bien souvent autour de leur cou. Quant aux garçons, ils ne cherchent pas à correspondre à « l’homme parfait », celui qui assure tout au long de sa vie les revenues de la famille. Ils n’ont ni vraiment la foi en politique et aux idées des différents partis ni le désir songeur de renverser le régime. 

Selon Asseman, « c’est une perte de temps ». La génération d’Asseman ne pense pas à faire une révolution, la peur ne les gagne plus face aux autorités comme celles de leur père et de l’inquiétude jugée « inutile » de leur mère.  Cette génération a une conviction intime, celle de penser uniquement à sa vie et à son avenir. Asseman en a marre de la mélancolie, de devoir penser aux parents et à la vie. « J’en ai marre de l’élitisme à l’iranienne qui bloque tout. Je ne comprends pas cet intellectualisme expiré. Il faut avancer. Je suis heureuse à Téhéran, ce n’est pas pour autant que je souhaite y rester toute ma vie,  les choses changent car nous sommes différents. Nous avons changé ». La génération d’Asseman cherche à se singulariser avec la force. Bref Asseman est de la génération Z née entre 1995 et 2016 à l’ère des nouvelles technologies, cette génération dite Z représente près d’un tiers de la population iranienne et 30% de la population mondiale. 

Asseman est toujours en train de se regarder devant le miroir et joue avec un tout petit bouton apparu depuis le matin sur son front, « il m’énerve, surtout que je serai trop moche avec le foulard ». Elle porte des baskets Nike blanches, des leggings bien serrées grises avec quelques lignes plus foncées au niveau des hanches et une bande rose au niveau des chevilles. C’est également un legging de la marque Nike, son utilisation a été détournée depuis trois ou quatre ans en Iran. Aujourd’hui, c’est est un accessoire de mode dans les gardes de robe des Iraniennes. Asseman porte un sweat-shirt bleu foncé qui cache ses cuisses, puis un foulard en laine légère uni couleur rose pâle autour de son cou. Son banan transparent FILA autour sur se épaules, elle est belle et fraîche. Une fois la contemplation finie et la photo Instagram retouchée, les bons hashtags ont été repérés et ils sous-titrent la photo. Enfin la photo est postée. De ce pas, Asseman décide de prendre l’ascenseur du huitième étage de l’appartement situé dans le quartier central de Téhéran et de descendre au parking de l’immeuble pour prendre sa voiture et se rendre à la « fac ». Dans la voiture, la musique est au volume maximum et Asseman éclate de rire. Elle est d’humeur joyeuse. Les rues de Téhéran sont baignées de monde, il y a un embouteillage de fou. 

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Asseman enchaîne une conduite rapide et virages serrés pour dépasser les voitures et gagner du temps. « Si c’était ma mère la conductrice, on y serait encore demain matin » dit-elle en riant. Elle est en ligne avec son père mais elle n’est pas attentive à sa tirade de recommandations : « fais attention, fais ceci, fais cela, concentres-toi sur tes examens Asseman, c’est important, attention à toi, conduis doucement, fais attention à ton hijab s’il te plaît car la police embarquera la voiture pour au moins trois semaines ». Elle raccroche, pressée par le temps , elle ne se présentera pas à la fac pour passer son examen. Elle paraît sereine… 

Pendant qu’elle soigne l’application de son rouge à lèvres devant le rétroviseur, quelqu’un à côté de la voiture lui fait une remarque : « Oh, fais attention à ton foulard ma petite ». Cette fois-ci, elle l’enlève complètement, le remplace par la capuche de son sweat et baisse la vitre de la voiture et lance :  bétoché akhé .  

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Elle ne semble pas sensible aux frontières entre le masculin et le féminin. Elle se met à parler fort. Elle a un gilet militaire sur la banquette arrière de la voiture, un gilet comme celui des soldats iraniens pendant la guerre qui a éclaté entre l’Iran et l’Irak. Je me souviens très bien de ces images de soldats en uniforme qui passaient à la télévision. Elle ignore l’origine exacte de cette pièce de vêtement et se satisfait seulement de l’information suivante : ce n’est pas une veste occidentale. « C’est déjà énorme que cela ait appartenu aux Ajnabis. Un soldat est un soldat, encore mieux lorsqu’il s’agit d’une veste d’un soldat de la guerre Iran-Irak ». Mes sombres souvenirs de la guerre me font trembler, elle ignore tant cette histoire et celle de ces vêtements. « Nous n’avons pas encore tout étudié dans mon cours de defa-é mogadas…  » 

La mémoire vive de la guerre est lointaine pour Asseman et ses amis. C’est un temps de l’histoire qui est à présent à étudier, décortiquer, examiner, ausculter. C’est une histoire qu’il faut apprendre avant qu’elle chute dans les limbes de l’oubli. Elle est très jeune, elle ne connaît ni les vêtements militaires ni les bruits des bombardiers… 

Soulagées, nous quittons les autoroutes blindées de voitures de Téhéran. Asseman passe par des petites ruelles pour rejoindre la nationale qui nous conduit à l’extérieur de la ville en direction des montagnes. Il neige fort. Dans la voiture, Asseman rassure son petit  copain au téléphone de la sûreté de la route et affirme que conduire sous la neige est plutôt bahal que flippant. Puis c’est au tour de sa mère. Asseman coupe la musique et dit à sa mère : « Oui, oui, nous sommes à la fac. Le prof arrive un peu plus tard que prévu à cause de la neige ». 

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Elle s’esclaffa de son habile ruse en désactivant le micro de son iPhone 10 et m’assure avec ces mots : « Tu sais, je ne mens pas. C’est pour les rassurer et qu’ils ne s’inquiètent pas ». Nous arrivons à Fasham, à 60 Km de Téhéran .Une maison avec une grande porte nous attend ainsi que de nombreuses voitures garées devant. La musique parvient jusqu’à nos oreilles. 

En pénétrant dans la demeure, un grand jardin nous accueille et j’observe un rassemblement d’individus autour d’un feu. Il y a aussi une barque. Au premier plan la neige et le bouquet de feu, au deuxième plan il y a la neige mais aussi les amis d’ Asseman en toutes formes de vêtement, pantalon, jupe, cuire…et les cheveux de toutes les couleurs.. Il y a des lesbiennes et pas seulement, il est si difficile de comprendre et de voir la scène. Les jeunes fument, les filles portent des casquettes comme les garçons et des tatouages mais aussi « pressing » mais ils ne sont pas maquillés pour autant. Cette génération maîtrise des langues dont l’anglais, ce qui leur donne une porte d’accès à la culture qui ne se limite plus aux frontières du pays. Ici, on ne voit pas l’Iran sous l’embargo ni une jeunesse contrastée avec la jeunesse parisienne. Cette scène peut être vécue dans une des très belles maisons de Montreuil. 

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Construit en deux niveaux grâce à trois marches au milieu de la pièce, le grand salon offre un coin réservé au jazz. Sur le mur à droite de l’entrée de la maison est placé un tableau blanc où chacun écrit son nom et l’instrument qu’il souhaite jouer ou alors mentionner s’il souhaite chanter. Chaque personne remplit les cases vides du tableau selon ses souhaits. De l’autre côté du salon, les jeunes discutent au sujet des DR Martin et des Convers et de leurs prix. Hila parle : « Putain, c’est trop cher. Moi, je vais acheter à Tanakura ou je vais demander à mes amis du couchsurfing européen qu’ils m’en achètent un solde». Ils connaissent tout. Ils ne différencient pas vraiment les comportements vestimentaires des influenceuses qui habitent en dehors des frontières iraniennes; cette frontière transparente et ouverte grâce à Instagram mais opaque à cause de la République islamique. Les échanges avec les amis issus des quatre coins du monde se sont développés de manière exponentielle. Tous préfèrent les mêmes baskets et joggings. La mondialisation et le consumérisme à l’américaine sont pour cette génération Z une réalité quotidienne. 

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« Cela ne veut pas dire qu’on aime Trump » déclare Sina. Il poursuit : « le comportement vestimentaire à l’américaine pour les Français par exemple est un signe de jeunesse. Pour nous, c’est tout de suite relié à la politique, mais on s’en fout, on en a marre, on ne veut ni de Trump ni des diktats de l’Europe qui ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de l’Iran, ni le diktat émanant de l’intérieur ou même celui de nos familles. On est happy et on compte bien vouloir le rester et progresser ». Asseman prend la parole : « On regard les mêmes séries, on écoute la même musique. En plus, nous connaissons de superbes musiques iraniennes, nous avons des designers extraordinaires, cools et originales alors qu’en Europe, ils les ignorent complètement. Nous avons cassé à leur source mais pas eux aux nôtres, comme quoi nous sommes forts ». Avec eux, tout doit aller vite. 

Toutes les filles portent sur elles un assortiment de couleurs : des pantalons de toutes les couleurs et de toutes les formes aux roussari colorés remplacés très souvent par des chapeaux, casquettes et capuches passant par les chemises trouées en jean qui font office de mantos et des vieilles chemises de leurs pères customisées par des pins. Les filles apprécient largement les leggings : « C’est trop facile, c’est sexy et ça se porte partout ». Les garçons ne se limitent pas au choix d’une chemise simple et d’un jean. Ils osent la couleur et sont en accord avec leurs copines. Ici, la frontière vestimentaire est le cadet des soucis. 

 

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Pour la génération d’Asseman, l’anticipation n’est pas un registre dans lequel elle excelle. Tous sont à l’aise dans ce monde de l’immédiateté et font preuve d’une grande réactivité. La mode définie par Arash tend plus vers une forme d’esthétique spontanée plutôt que le look dit parfait. Ainsi, cette génération a tendance à adopter une approche décontractée du style. 

 Ces jeunes partent pour la « fac », se retrouvent à la fête à Fasham, abandonnent les normes iraniennes et l’esthétique superficielle orientale. Ils confectionnent leurs vêtements « Made in Iran » à partir d’une collection éclectique de pièces surdimensionnées et faciles à porter. Ils éprouvent ni peur ni honte d’américaniser leurs vêtements 100% made in Iran, parfois mal assortis, et sont fiers de ces vêtements non copiés, « nous ne copions pas comme avant où l’on avait tendance à créer un style kitsch, mais nous avons les mêmes sources et on ajoute une pincée d’originalité : celle de notre propre culture ».

Pour les filles, le foulard n’est plus l’obstacle principal et le plus difficile à surmonter, « ça va, c’est facile à le remplacer » indique Sarvin, « hijab is important but actually isn’t our problem ». 

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Entre les selfy , les story’s et Snapchat, la soirée est rigolote et cette génération semble ignorer la frontière entre le monde réel et le monde virtuel. Il en va de même avec l’image utopiste qu’ils véhiculent. Pour eux, les opportunités professionnelles se créeront plus facilement par le réseau que par les diplômes ;  c’est pourquoi ce n’est pas vraiment très grave de rater les cours , et si on rate la fac….

Arash parle de la succès des start-up et des problèmes professionnels que rencontrent ses cousins malgré le fait qu’ils cumulent une collection de diplômes : « important est many. Avec l’argent, tu peux même avoir un passeport étranger. Bref, tu peux tout faire comme bloquer l’argent sur ton compte pour partir en voyage en Europe. Imagine, nous avons plus le stress d’avoir un rendez-vous dans l’une des ambassades des pays membres de l’espace Schengen que quand nous avons un examen final à la fac. Eh quoi, ça ne va pas, autant de stress parce que tu veux te ruiner en achetant deux ou trois robes chez Zara pendant les soldes ? ou manger un falafel à 67 000 tomans? Au final, ce n’est pas très original ». 

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En Iran comme dans le reste du monde, la génération Z veut avoir l'air unique. Sans attache, avec une pointe d’impatience et de l’ambition, la génération Z en Iran s’épanouit par une sorte d’individualisme qui est loin des traditions du pays à travers la passion et la créativité. Je cherche Asseman dans la foule, je lui rappelle que son téléphone n’arrête pas à sonner, « oui, oui, c’est mon bâbâ. Je lui ai promis qu’après la fac je rentrai vers vingt heures trente ». Il est vingt-et-une heure trente. « On y va doucement ».  Après d’interminables discussions sans fin devant la porte de la maison, nous sommes assis dans la voiture d’Asseman en route vers Téhéran. Il neige toujours, la musique est forte, l’ambiance de fête règne dans la Nissan d’Asseman quand tout d’un coup, Asseman ne freine pas au bon moment, Bam. 

Un accident. Le pare-choc de la voiture est abîmé. Asseman a oublié sa carte grise. « Merde », s’exclama-t-elle. Il est tard, nous sommes dans les montagnes sous une pluie de neiges battante, Asseman n’a ni la carte grise ni son assurance, elle est accompagnée Sina son petit copain et son père autoritaire n’est au courant ni de la fête organisée ni de la neige et des montagnes et encore moins de l’existence de son petit copain présent dans la voiture. Sa voiture est bloquée. Impossible de la bouger. 

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Elle ne s’empêche pas de rigoler ni de garder un calme olympien face à la situation. Elle décide toute seule: « be darak, il faut tout dire ». Tous les trois nous montons donc, Asseman, son copain et moi-même, dans l’autre voiture. Une fois arrivée à Téhéran, Asseman assure qu’elle donnerait sa carte grise et qu’elle fera le nécessaire pour l’assurance. Après avoir garé la Nissan quelque part sur la route entre Fasham et Téhéran, on reprend la route nous ramenant à la capitale. Dans la voiture, Asseman décrit la situation à son père au téléphone. Il crie, il est en colère, furax et angoissé. On dirait qu’il va tuer Asseman à travers le smartphone. Éloignant sa bouche du micro, Asseman ne cesse de glousser en cachette de sorte que son attitude leste et désinvolte ne soit pas démasquée par son père. « Il crie mais il va se calmer et oublier. Il est énervé mais je ne sais pas pour quelles raisons…  parce que je suis avec un garçon ou parce que je ne suis pas allée à la fac ? Ou est-ce à cause de mon oubli de la carte grise ? Ou parce que j’ai laissé la voiture là-bas ? Lui-même ne semble pas savoir je crois. Ce n’est pas grave, franchement, ce n’est pas grave. S’il continue, je vais partir et je fonderai une start-up (elle me fait un clin d’oeil) et je quitterai le pays. Il fait comme les vieux. Je ne peux pas avoir peur à la fois de mes parents, du directeur de la faculté, de la police et de la République islamique. Nous sommes différents et il faut qu’ils acceptent d’être différent. Bref, c’est fait c’est fait , je ne peux rien faire , passons, tamam .

Derrière la posture politique se trouve ces jeunes qui sont dans l'immédiateté et ce phénomène s’accentue entre les multitâches et la culture du zapping où ils accomplissent plusieurs choses à la fois. La génération Z veut se sentir libre dans son pays. Que l’on soit à Damas, à Téhéran,  à LA ou à Paris… C’est pareil. Cette génération valorise le confort et la fonctionnalité que cela soit dans leur comportement quotidien et dans leur comportement vestimentaire. Elle est altruiste et très populaire. 

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La génération Z iranienne se dirige vers des habits multi-fonctions tout en gardant un certain goût pour le classique. Elle se concentre sur son avenir, la mode est importante et est employée comme justification pour faire avancer les choses et s’élever dans l’échelle sociale. Cette génération cherche à européaniser ou à américaniser le mode de consommation en Iran. Elle essaye d’effacer les frontières, se veut sportive et classique à la fois tout en gardant des pièces d’élégant. Afin de se démarquer de la culture sophistiquée iranienne, cette génération va préférer le port de baskets Nike, Vans, ces tenues conçues pour toutes les activités d’une journée, que cela soit allé à la gym, au bureau en passant par le dîner avec cette envie d’avoir une fière allure. Ce sont des vêtements qui se fondent et qui s’intègrent à n’importe quel contexte et à n’importe quel moment de la journée. 

Bien évidemment, cette globale de cette génération Z en Iran ne doit pas être une excuse qui nous pousserait à l’essentialiser. Mais ces éléments et ces formes ont été des constats forts dans mon observation et n’ont cessé d’agrémenter  mon étonnement. 

La génération Z à l’iranienne est simple, garde son orientalité et son iranité. Toutefois, ces natifs du numérique, adeptes de l’exposition partagée de leur vie sur les réseaux sociaux tels que Instagram, Snapchat ou YouTube, n’émettent aucun enthousiasme à l’idée de rencontrer quelqu’un (au sens littéral ou numérique) avec ces mêmes habits. Cette génération souhaite rester unique politiquement, socialement et culturellement. Pour eux, avoir un look différent et banal (encore mieux si c’est un look funky) doit être primordial voire attrayant. Les filles cherchent des mantos qui sont à la fois  overcoat et des sweats -shirt. Elles préfèrent les chemises oversize aux mantos de la génération précédente. Cette assurance acquise par cette génération Z est une preuve de leur authenticité. De plus, elle iranise la mode mondiale. 

La mode de la génération Z peut être vue sous l’angle de la continuité de leurs valeurs. Pour eux, la simplicité s'apparente à la transparence, les articles uniques représentent l'individualité et les vêtements non mixtes invitent à l’inclusion.

En fin de compte, les garde-robes de la génération Z sont parallèles à leur vision du monde : ultras-réalistes et connectées en permanence, confiantes, originales, sans être toutefois déconnectées du reste du monde. Elle ne se victimise pas, possède une forte envie d’avancer, d’aller loin et ne pas seulement changer. 

 

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